La Corse

Île de beauté

Le châtaigner et la châtaigne en Corse

Majestueux et élégant, le châtaigner est l’un des arbres emblématiques de la Corse. En des temps difficiles, il a été l’arbre à pain d’un peuple sous alimenté. Puis délaissé, ignoré, il lui aura fallu quelques années pour regagner le cœur des insulaires.

marronBien adapté au climat local, le châtaigner est présent en corse depuis des temps immémoriaux. Son utilisation dans les charpentes et les linteaux d’édifices, qui datent du moyen Age, prouve une implantation très ancienne. Mais la vie de l’arbre n’a pas été un long fleuve très tranquille, tour à tour adulé et abandonné, il a alterné heures de gloire et heures noires. Le châtaigner a rapidement fait la démonstration de la  valeur nutritive de ses fruits. Nourriture riche et solide pour les travailleurs de force, la châtaigne correspondait bien  à ce que les Corses pouvaient espérer d’un tel aliment. Ils utilisaient aussi le bois de l’arbre, qui coupé à la bonne lune et correctement séché, a la réputation d’être quasiment imputrescible. La bonne cohabitation du Corse et du châtaigner est donc ancestrale. Remarquant l’excellente adaptation de l’arbre en Corse, les génois, à l’époque ou ils occupaient l’île, imposèrent à la population de planter cinq espèces  fruitières parmi lesquelles figuraient le châtaignier. La contrainte se transforma au fil des ans, en une excellente initiative. Le châtaignier est à croissance relativement lente, mais qui a le mérite de ne nécessiter que très peu d’entretien. Après le soin des premières années, il devient totalement autonome, peu sensible aux maladies et résistant a tous les écarts de température.

Sur les pentes ombragées, force de constater que le châtaigner et l’olivier pourraient être deux arbres complémentaires et utiles en Corse. L’un planté sur les entes ombragées et l’autre en plein soleil, ils allaient progressivement changer le paysage insulaire. L’implantation du châtaigner se développa un hommepeu de partout, mais principalement dans les régions où les hivers assez rudes ne permettaient pas aux autres espèces de survivre. L’arbre donna son nom a une région de Corse, la Castagniccia, parce qu’il y dominait. Son fruit, récolté à partir de  novembre, s’imposa sous plusieurs formes qui perdurent encore de nos jours. Frais on le consomme bouilli, ou bien grillé au feu de cheminée et autrefois à celui du « fucone ». Cet âtre mobile permettait de chauffer les maisons, mais aussi de faire sécher les châtaignes destinées à la farine qui étaient stockées sur de fines lattes de bois, dans les combles de certaines maisons. Ainsi certains villages disposaient de véritables séchoirs à châtaignes.

fucone

Une garantie contre la famine, une fois les fruits secs et légèrement fumés par ce mode de séchage, ils étaient et sont encore décortiqués. Certains sont conservés  ainsi, et malgré l’incroyable dureté de la chataigne, elle reste une gourmandise. Les autres fruits partaient au moulin afin d’être réduits en farine. Généralement situés près des cours d’eau, les moulins étaient actionnés par un mécanisme hydraulique des plus ingénieux. S’ils étaient assez loin d’un torrent, l’eau était canalisé jusqu’à la grande cheminée du moulin. Là, la force de la chute permettait de faire tourner la roue de bois qui actionnait les meules de granite intérieures. La farine était ainsi faite. Aujourd’hui la fabrication de la farine a gagné en modernité. Inutile de partir vers les lointains moulins ceux qui longent les torrents embroussaillés sont désormais en ruine. Pourtant le produit reste assez cher car la production de cette châtaigneraie abandonnée pendant de nombreuses années, a largement  faibli.

Malgré les difficultés, on peut se réjouir de voir renaitre un réel  intérêt pour un fruit qui sait aujourd’hui se transformer de manières diverses, en pâtisserie, en polenta, en galettes, en marrons glacés, en confiture et en glaces, ainsi qu’en bière et en liqueur.

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