Le mauvais œil

Le mauvais œil:

On ne peut ignorer, en visitant la Corse, la grande dévotion de ces sinsulaires à la Vierge Marie ; il suffit d’entrer dans toutes ces églises, dans les chapelles et lieux de pèlerinage qui lui sont dédiés pour en être persuadé. C’est vraiment le témoignage de l’identité Catholique de la Corse. Cependant, d’antiques croyances qui trouvent leurs origines dés la Préhistoire, se transmettent uniquement oralement de mères en filles, de génération en génération.

Cette tradition de « magie blanche » semble être incompatible avec la religion catholique et pourtant, ce patrimoine est chargé d’incantations, de formules adressées au Ciel, aux Saints, aux âmes. Si l’Eglise aurait tendance à se méfier de ces pratiques, elles restent ancrées dans la Tradition Corse et sont intimement liées à la pratique religieuse fervente malgré son caractère « païen ». En quoi consiste ce rituel? A qui s’adresse-t-il?…..

Ce sont les « signadori » qui doivent faire usage de leurs incantations secrètes uniquement pour faire le bien, et surtout sans contrepartie. C’est-à-dire : aider autrui, se mettre au service des autres, riches ou pauvres, sans réclamer le moindre sou. Parfois des hommes aussi possèdent ce don à la fois « magique et religieux » mais c’est plus rare.

SIGNADORI signifie « ceux qui possèdent ou font signes ». La Signadora possède la connaissance des mots, des signes pour libérer les personnes qui viennent la consulter : hommes, femmes, enfants, habitants des villages, des grandes villes ou même du Continent. Elles sont vouées à cela : aider, soulager, libérer mais sans contrepartie. Combien sont-elles en Corse? Difficile de le savoir, cela fait partie de ces secrets qui se transmettent aussi oralement; aucune n’a « pignon sur rue », elles vivent dans la discrétion. Si certaines peuvent prévenir l’avenir ou interpréter les rêves en dépassant les barrières de l’inconscient, c’est surtout pour  briser et chasser le mauvais sort (OCHJU) qu’on vient les consulter.

Comment se passe la transmission de ce « don »?

On dit que c’est uniquement pendant la Nuit de la Nativité de l’Enfant Jésus que se transmettent les formules et prières. Ce secret qui concerne l’Ochju ou « désenvoutement », se chuchote à l’oreille de la personne qui PEUT recevoir ce don. Tout un rituel, durant cette nuit de Noël, doit être suivi. Chaque membre de la famille doit déposer dans l’âtre de la cheminée, une bûche et prier dans la langue Corse ancestrale : » Je vous prie, âmes saintes…..Je vous prie, vous tous……Vous avez été ce que maintenant nous sommes…. Nous deviendrons ce que vous maintenant vous êtes….Que Dieu vous accorde Paix et Repos….Dans le Saint Paradis…. Ainsi soit-il ». De grands brasiers sont allumés sur les parvis des églises. Le feu, comme dans toutes les traditions Chrétiennes détruit, de sa Lumière, les ténèbres et leur emprise sur les hommes.

Ce mauvais sort pourrait être envoyé consciemment ou pas. Une simple jalousie, un peu d’envie vis à vis de quelqu’un, même un regard pourrait attirer cet ochju. On parle même d’IMBUSCATA » d’embuscade, nocturne qui serait tendue par des spectres. Pour ce genre de mauvais sort la Signadora utilisera même un exorcisme appelé « A Sfumatura », pratique qui serait réservée, pour la religion Chrétienne, aux prêtres exorcistes désignés par leurs supérieurs, possédant eux aussi des rituels spécifiques.

Ce rituel de désenvoûtement, qui n’est pas sans rappeler les cérémonies des Chamanes en Amérique Latine, consiste à « envelopper » la personne possédée de fumigation de palmes ou branches d’oliviers bénies le jour de la Fête des Rameaux, fête chrétienne encore une fois. Tout en murmurant des formules secrètes, il parviendra à libérer la personne envoûtée. La Signadora a pour mission d’agir contre les miasmes de la vie, l’angoisse, les doutes, les peurs, les faiblesses de chacun. Aprés le rituel, la sérénité reviendra. Le recueillement et le silence sont nécessaires, l’utilisation de l’huile également. La Signadora verse un peu d’huile dans un récipient d’eau et selon sa réaction au contact de l’eau (tâche homogène ou éparpillement des tâches, formes de ces tâches….) elle saura si le mal est là ou pas. Des signes de croix sont alors tracés pour délivrer la personne malade. L’ochju, grâce à ce rituel, ajouté à la puissance de l’Esprit et à la Foi, finit toujours par être conjuré. Bougies, terre, eau, huile et prières murmurées et secrètes : voici les armes utilisées par la Signadora.

corail rougeAlors, comment éviter ce mauvais sort? Encore aujourd’hui, la tradition veut que, pour se protéger, on porte des médailles ou des symboles sculptés dans du corail, en pendentifs, ou bien encore, des petits sacs de sel béni ou des miettes de cierge bénis aussi, dissimulés sous les vêtements. Ce sont surtout les enfants, que les mamans, comme le faisaient avant elles leurs mères et grands-mères, veulent protéger de tous les assauts du mal. Ces secrets se transmettront sans écrits, ainsi se perpétuera la Tradition Ancestrale Corse.

 

Pour savoir si vous avez le mauvais œil voici un moyen simple de le vérifier :
Matériel :
– Une assiette creuse (blanche)
– De l’eau
– De l’huile d’olive

Étape 1) Remplissez l‘assiette d’eau à moitié. L’assiette est posé sur la table – on place sous l’assiette un objet vous appartenant (exemple un cheveu, photo, mouchoir)

Posez vos doigts de la main gauche ou droite sur le rebord de l’assiette.

Étape 2) Plongez dans l’huile l’auriculaire de la main gauche ou droite

Étape 3) Laissez tomber trois gouttes d’huile d’olive séparément à la surface de l’eau.

(Le chiffre TROIS est sacré l’en haut, le milieu (la terre) l’en bas, c’est-à-dire : l’avenir, le présent et le passé.

* Observez la réaction de l’huile.

A) les gouttes d’huile restent rondes, brillantes et petites vous ne possédez pas « le  mauvais œil » .

B) Si les gouttes d’huile se diluent, s’élargissent ou tombent au fond, on a jeté le « mauvais œil ».

COMMENT ENLEVER LE MAUVAIS ŒIL :

C’est L’huile qui va permettre de lever le mauvais sort en pratiquant de la façon suivante :

L’opération se déroule en trois temps :
* dans un premier temps, on vérifie qu’il s’agit bien du mauvais œil

* Ce n’est qu’à la troisième fois (refaire 3 fois L’opération ci-dessus) qu’on saura si la personne est guérie :

En effet, c’est un changement radical. Alors que les gouttes se diluaient, elles s’agglutinent, se stabilisent et restent figées bien rondes à la surface de l‘eau.

Dans la goutte apparaît l’ombre d’une pupille pareille à celle d’un chat.

* on brouille l’eau avec ses doigts en prononçant la formule suivante : « que le maléfice soit conjuré. » et la prière.

* On rince l’auriculaire, sous l’eau du robinet, qui a gardé la trace de l’huile et on l’essuie sur ses cheveux
on jette l’eau dans le feu ou dehors dans un lieu de passage (rue).

– Si à la troisième opération triple, aucune des gouttes ne s’est figée, le mauvais œil n’est pas parti.

– Il faut tout recommencer et le faire faire par une autre personne qui mènera toute la séance

– jusqu’à trois personnes différentes, et, en votre présence.

C’est vous qui devez tenir le bord de l’assiette.

Tout rentrera alors en ordre dans votre vie.

 

 

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