La Corse

Île de beauté

Filitosa

Filitosa : les statues –menhirs de deux entêtés

Les statues menhirs de Filitosa sont aujourd’hui classées au patrimoine mondial de l’humanité, découvertes par Charles-Antoine Césari. Pourtant sans l’envergure de cet éleveur de chevaux originaire ce Cozzano, village de montagne situé à environ 50 kilomètres du plus étonnant site archéologique de l’île. Les précieux vestiges de Néolithique somnoleraient encore probablement sous leur épaisse couche de maquis, au mieux elles serviraient de bornage  pour délimiter l’enclos de quelques bergers néophytes. C’est d’ailleurs le sort que leur réserva Césari lui-même en 1946. En débroussaillant les 30 hectares qu’il venait d’acquérir dans la plaine du Taravo, réputée pour la qualité de ses pâturages. Il découvrit des blocs de granit de 3 à 5 mètres de long au pied d’un olivier centenaire. Il y vit d’abord de parfaits piliers d’entrée reliés par une chaine pour son futur enclos. Mais une fois debout la spiritualité d’un visage d’homme grossièrement taillé dans le granit  le saisit d’émerveillement. En lui inspirant cette maxime « Je n’ai jamais mis de chaîne au cou d’un homme, je ne vais pas commencer à le faire, même avec un homme de pierre! ».

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Longtemps le sens profond de la remarque inspira  bien sûr les railleries. Aucun Corse, frustre ou cultivé, ne le prit au sérieux. Sauf que la légende de menhirs-filitosa4l’homme obstiné, soucieux, dans une région recouverte de rochers sculptés au moins aussi bien que par dame nature que par de prétendus chasseurs, parvint jusqu’à Ajaccio, et que de là, huit ans plus tard  en 1954, un jeun archéologue du CNRS, roger Gros jean, parvint en auto, au terme d’un parcours cahotant de 3 heures, jusqu’à Filitosa et coup de foudre pour les lieux, pour les menhirs et autant pour Charles-Antoine.  Et déception partagée des entêtés,  lorsque Grosjean et Césari entretiennent sans succès le maire des potentialités touristiques du site dans l’espoir de lui faire financer des fouilles.

C’est pourtant Césari en charge de 6 enfants qui paye. Car Grosjean l’a aussi éclairé sur l’origine de curieux tumulus qu’il croyait médiéval : il s’agissait en fait de lieux de culte d’envahisseurs venus d’Asie mineure vers 1600 de notre ère et confronté à un peuple néolithique déjà installé depuis 6000 ans. L’intuition commune de Grosjean et de Césari  fut très vite récompensée par les premiers touristes venus de Riviéra  dans les années soixante et les fouilles se succédèrent  à un rythme soutenu jusqu’à dans les années quatre vingt. Depuis les deux compères ont tiré leur révérence. L’un en léguant la société Cesari  à ses enfants à part égales. L’autre terrassé par une crise cardiaque en exigent du pilote de l’ hélicoptère qui le conduisait à Ajaccio de survoler pour la dernière fois Filitosa.

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