Le maquis corse pour les Mazzeri (les sorciers)

Les Mazzerri, ce sont indifféremment des hommes ou des femmes du village. Ils ressemblent à tout le monde et ne sont pas forcement mis à l’écart. Mais ils ont quelque chose de différent, un don peu enviable qui fait d’eux des êtres mystérieux. Ils voient le visage des prochains morts du village. Leur nom, Mazzeru ou Mazzera selon qui s’agit d’un homme ou d’une femme , vient du mot mazza, masse d’où découle le verbe amazzà, tuer .

On dit que dans leur sommeil, les Mazzeri partent en chasse dans le maquis Corse. Pendant cette chasse nocturne, ils tuent le premier animal qu’ils rencontrent. Au moment où ils le retournent, ce n’est pas la face de l’animal qui se révèle, mais le visage de la prochaine personne qui mourra.

Pour certains, la chasse est rêvée, pour d’autre elle est réelle, mais faite dans un état proche de la transe ou grâce dans une capacité extraordinaire de dédoublement. Des Mazzeri se seraient réveillés dans leur lit les vêtements abimés par les nombreux épineux du maquis. D’autres auraient été vus à la fois pénêtrant dans le maquis et bien tranquille chez eux…

Quoiqu’ il en soit, la situation n’est agréable ni pour les mazzari, ni pour les gens du village qui n’accueillent pas l’annonce d’une mort prochaine avec gratitude ou reconnaissance pour l’oracle…

D’autant que le doute persiste : le Mazzeru est-il le déclencheur du décès (puisqu’il est le chasseur tueur de l’animal) ou une simple intermédiaire entre le monde des morts et des vivants ?

Parmi les personnages magiques qui peuplent l’imaginaire insulaire, les Mazzeri ont une place ambiguë. Ni sorciers maléfiques, ni chamans, ils quitteraient le maquis dans la nuit du 31 juillet au 1er aout pour livrer au sommet de la crête, un combat aux mazzeri de l’autre vallée. Les vaincus auront à déplorer plus de décès et de moins bonnes récoltes que les vainqueurs. Une croyance qui confirmerait que les mazerri ne seraient pas que des récepteurs d’informations venues d’ailleurs, mais bien des êtres actifs. Mais on murmure qu’ils ont déserté le maquis.

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