La Corse

Île de beauté

Pascal Paoli ou Pasquale Paoli (en langue corse)

En visitant la Corse, vous serez surpris par le nombre de « PAOLI » que vous rencontrerez. Des rues, ruelles, places, cafés, restaurants, musées, statues, écoles, université…… portent ce nom. Les familles « Paoli » sont nombreuses et l’on retrouve ce nom sur les monuments aux morts des villages. Mais qui est donc le fameux Pasquale Paoli, célèbre dans toute la Corse?

En 2007 a été instituée « l’Année Paoli »; toute la Corse célébrait le bicentenaire de sa mort. Pour les curieux, les friands d’Histoire, de passage en Corse, rendez-vous à MOROSAGLIA, dans cette région montagneuse de la Castagniccia, connue pour les plantations de châtaigniers. C’est là que vous trouverez le musée départemental dédié au « Père de la Patrie »(celui que les Corses appellent leur « BABBU », leur père). Ce musée, installé dans sa maison natale, offre tout un éventail de collections d’une richesse et d’une beauté incontestables. Les héritiers ainsi que le Département ont réussi à y rassembler photos, objets, tableaux, souvenirs, documents audiovisuels qui sauront vous raconter l’histoire de ce personnage célèbre.

  • Musée de France : 04 95 61 04 97
  • Horaires été : 9h-12h, 14h30- 19h30
  • Horaires d’hiver : 9h-12h, 13h-17h
musée Pasquale paoli

musée Pasquale paoli

Laissons la parole à un biographe écossais James Boswell qui s’intéressait à la biographie des Grands Hommes, employant une méthode tout nouvelle à cette époque :  » L’entretien Direct ». Il avait rencontré Voltaire, Rousseau et c’est en 1765 que Boswell arriva d’Ecosse, en Corse, pour s’entretenir avec Paoli dans un village perché au-dessus de la vallée du Taravo, Sollacaro. Il y demeura un peu plus d’un mois. En relatant ce séjour dans le journal de son Voyage en Corse, publié à Glasgow en 1768, il fit connaître  » l’Ile Parfumée ».

 » Il est grand, robuste et bien fait, sa physionomie est intelligente, ouverte et franche, son port mâle et noble….. Je m’étais trouvé déjà devant bien des princes, mais je n’avais jamais éprouvé ce que je ressentis en présence de Paoli. Etant en continuel danger d’être trahi et assassiné, il a pris l’habitude d’observer tout nouveau visage avec grande attention. Pendant 10 mn, nous parcourûmes la pièce de long en large, prononçant à peine une parole, tandis qu’il me regardait d’un regard fixe, vif, perçant, comme s’il avait voulu pénétrer mon âme, même. Je fus très soulagé quand sa réserve disparut et qu’il commença à parler davantage. »

Pasquale Paoli, en langue Corse, est né dans un hameau de Morosaglia, « A STRETTA », le 6 Avril 1725. Il était le fils cadet de Denise Valentini et du Général Hyacinthe Paoli.

Son père, avec une trentaine de chefs corses, fut condamné, en 1739, à l’exil. Il emmena sa famille à Naples, en Italie. Le jeune Pasquale bénéficiera d’une solide formation intellectuelle auprès de philosophes français. Il y entama une carrière militaire.

En 1753, le Chef Suprême des corses, Giovan Pietro Gaffori, fut assassiné. On demanda à Pasquale de rentrer au pays pour lui succéder à ce poste. Bien qu’il eut passé une grande partie de sa vie en dehors de la Corse, Pascale Paoli fut proclamé le 14 juillet 1755; « Capu General » (Général de la Nation). Il gouverna la Corse pendant 14 ans. C’est lui qui fera de Corte la Capitale de l’île et qui fondera une Université. Il fit également voter une constitution qui fixera la Souveraineté de la Nation Corse, il établira la séparation des pouvoirs, fit créer une monnaie. Il va aussi doter la justice de tribunaux réguliers, créera l’école primaire, ainsi qu’une armée et même une petite flotte de guerre. Son travail ne s’arrêtera pas là. Il fit assécher des zones marécageuses pour encourager l’agriculture. C’est encore lui qui fondera la Cité de l’Ile Rousse. En effet, à cette époque Calvi et les autres ports sont génois, jusqu’en 1768, où l’Ile fut vendue à la France de Louis XV.

Mais en 1769, la Résistance corse est vaincue lors de la bataille de Ponté Novu Pascal Paoli reprendra dans la précipitation la route de l’exil. En juin, il embarque sur un navire Anglais et c’est ce pays, ennemi des français, qui l’accueillera à Londres à la manière d’un Homme d’Etat. Cet exil sera plus long que le premier. C’est Mirabeau, en 1789, de Paris, qui demandera, après la prise de la Bastille, l’amnistie de tous les corses exilés. La Corse étant devenue un département français, Paoli est élu Commandant en Chef des Gardes Nationales et Président du Directoire. C’est en 1792 que Lucien Bonaparte, devant la Convention, le dénonça en tant que « contre révolutionnaire ». Et c’est ainsi que l’histoire de l’exil se répètera, une fois de plus : l’exil pour Londres attend Paoli. C’est là qu’il va mourir le 5 février 1807. Il faudra attendre le 3 septembre 1889, pour que ses cendres reposent dans la chapelle de sa maison natale à Morosaglia.

Lorsqu’on énumère tout ce que ce personnage a institué en Corse, on s’aperçoit que, bien avant la révolution, Pasquale Paoli avait tout compris. Il a su créer sur son île les bases des démocraties modernes. Ce grand précurseur a pourtant été  mis à l’écart par la France de l’époque, pour avoir combattu, contre elle, afin de défendre l’idée de l’Etat-Nation. Plus tard, la France la fera rayonner dans le monde entier.

Si la France a oublié Pascale Paoli, il reste à jamais dans le cœur du peuple corse. Voici ce qu’écrivait un historien prussien au XIXème siècle.  « Il est impossible qu’un homme, après sa mort, puisse inspirer à tout un peuple, plus d’amour et de vénération que Pasquale Paoli ; cet homme est mille fois vivant, que dis-je? il vit dans le cœur de tous les corses ».

Vidéo:  Histoire de Pasquale Paoli (en 100 images BD)

 

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